Consultations Juridiques Gratuites : Le Barreau du Gabon au Service des Citoyens de Port-Gentil

Le Barreau du Gabon a récemment pris une initiative louable en organisant des consultations juridiques gratuites à Port-Gentil, visant à offrir des conseils juridiques accessibles à tous. Cette action s’adressait aux chefs d’entreprises, juristes d’entreprise, conseils juridiques, étudiants, et à toute autre personne intéressée. L’objectif principal était de favoriser une meilleure compréhension du droit parmi les populations locales.

« Des avocats ont été mis à contribution afin de donner des orientations aux populations qui en ont le plus besoin, et qui pensent qu’avoir un avocat c’est quelque chose d’impossible », a déclaré le bâtonnier du Gabon, Me Raymond Obame Sima.

Ces consultations ont également servi de cadre à l’organisation de tables rondes où plusieurs sujets cruciaux ont été abordés. Parmi les thèmes discutés figuraient le foncier, la succession, le mariage, l’immobilier, les crédits, la location et le bail. « Le foncier c’est le véritable problème des Gabonais, et nous sommes venus vers la population pour qu’elle pose ses problèmes afin que les avocats examinent et proposent des solutions », a souligné Me Raymond Obame Sima.

Selon le bâtonnier, le Barreau du Gabon espère que ces consultations, qui se poursuivront dans d’autres villes du pays, permettront de faciliter la compréhension des procédures juridiques et de renforcer l’application du droit à l’échelle nationale.

En outre, les Avocats Gabonais membres du Réseau International des Avocats Gabonais (RIAG), répartis partout dans le monde, se sont engagés à offrir leurs conseils et leur assistance à tous les Gabonais qui les solliciteront via leur plateforme RiagConnect, disponible sur leur site internet (www.riag-avocats.org/riagconnect). Cette initiative vise à étendre l’accès à des services juridiques de qualité aux Gabonais où qu’ils se trouvent, contribuant ainsi à une meilleure connaissance et application du droit.

Huit Magistrats Gabonais traduit en conseil de discipline : Un tournant décisif pour la Justice

Le 22 juillet, huit magistrats gabonais, dont deux membres de l’ancienne famille régnante, ont été traduits devant le Conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature pour divers manquements. Parmi eux, Linda et Audrey Bongo Ondimba.

Le lundi 22 juillet, une nouvelle sans précédent a secoué le Gabon : huit magistrats de premier et deuxième grade ont été traduits devant le Conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature. Cette information a été révélée par un document officiel signé par Paulette Akolly, daté du 5 juillet dernier. Bien que les motifs exacts n’aient pas été précisés, le document nomme explicitement les magistrats concernés : Linda Pauline Epigat Bongo Ondimba, Audrey Balkisso Bongo Ondimba, Rebecca Oboumadjogo, Serge Kombila, Yvanh Okili, Meryle Tebangoye, Abel Nguema Menie, et Pierre Aperano Essongue.

Les deux premières magistrates mentionnées, Linda Pauline Epigat Bongo Ondimba et Audrey Balkisso Bongo Ondimba, appartiennent à l’ancienne famille régnante du Gabon. Ces dernières années, elles ont été fréquemment critiquées, tant au sein de leur profession que par l’opinion publique, pour leurs manquements aux lois régissant leur métier. Elles étaient souvent vues arborant les couleurs du Parti démocratique gabonais (PDG). Leur soutien public à Ali Bongo lors de la dernière élection présidentielle avait même poussé le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) à alerter les autorités sur leur comportement, particulièrement celui de Linda Bongo Ondimba, qui s’était transformée en une sorte d’« influenceuse » sur les réseaux sociaux.

La traduction en conseil de discipline de Pierre Johsan Aperano Essongue n’a surpris personne. En mai dernier, ce jeune magistrat avait été impliqué dans une affaire au Parquet de Port-Gentil liée à l’incendie de Bucuna, perpétré par la société pétrolière Perenco. Il avait été accusé d’insubordination par sa supérieure hiérarchique, le procureur général Édith Christiane Mvou Loubamono épouse Mbangangoye. Cette querelle avait conduit à une réunion, le 27 mai 2024 à Libreville, présidée par le ministère de la Justice. Ce même jour, l’administration avait annoncé que d’autres magistrats seraient également jugés par le Conseil supérieur de la magistrature pour des motifs disciplinaires. Cet engagement a désormais été tenu.

Cette série de traductions en conseil de discipline marque un tournant significatif dans le système judiciaire gabonais, mettant en lumière une volonté de renforcer l’intégrité et la responsabilité au sein de la magistrature.

Rencontre Historique : Le Président Oligui Nguema et le Barreau du Gabon Planifient une École d’Avocats

Le 29 mars 2024, le Président Oligui Nguema a rencontré le nouveau bureau du barreau du Gabon pour discuter de leurs défis et proposer la construction d’une école d’avocats.

Le Président de la République, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, avait accueilli le vendredi 29 mars 2024, au Palais Rénovation, le nouveau bureau du barreau du Gabon, dirigé par Monsieur Raymond Obame Sima, bâtonnier de l’ordre des avocats du Gabon.

Cette rencontre avait permis aux membres du barreau de présenter leurs respects au Chef de l’État et de discuter des défis auxquels leur profession était confrontée. L’occasion avait également été saisie par ces professionnels du droit pour soumettre au Président de la République un projet ambitieux : la construction d’une école d’avocats.

Le Président Oligui Nguema, attentif à cette demande, avait exprimé son accord et donné des directives pour que cette école soit construite dans les meilleurs délais. Ce projet visait à renforcer les compétences des avocats gabonais et à améliorer la qualité des services juridiques dans le pays.

Par ailleurs, le bâtonnier de l’ordre des avocats avait profité de cette rencontre pour inviter le Président de la République à la rentrée solennelle du barreau, prévue le même jour, le 29 mars 2024.

À la fin des discussions, le Président de la République avait rappelé l’importance des principes de paix et de cohésion nationale, valeurs fondamentales pour le Gabon. En réponse à la crise qui secouait le barreau, le Général Oligui Nguema avait promis de donner des instructions claires et précises au ministre de la Justice, afin que les préoccupations des avocats soient examinées avec soin.

Cette rencontre avait marqué une étape importante dans le dialogue entre les autorités gabonaises et le barreau, ouvrant la voie à des réformes significatives pour le système judiciaire du pays.

Le Ministre de la Justice Appelle à la Réorganisation des Élections au Sein de l’Ordre des Avocats du Gabon

Dans une volonté manifeste de surmonter la crise qui sévit au sein de la sphère judiciaire gabonaise, le Ministre de la Justice, Paul Marie Gondjout, a exhorté la communauté des avocats à procéder à la réorganisation des élections de l’Ordre des Avocats. Cette décision survient après l’invalidation des élections précédentes du Bâtonnier et du Conseil de l’Ordre des avocats par le Conseil d’État, en date du 20 avril 2023.

L’annonce a été faite à l’issue d’une entrevue entre le Ministre et les représentants des avocats du Gabon, le mercredi 20 septembre 2023. Cette démarche s’inscrit dans le strict respect des dispositions légales, plus précisément l’article 53 de la loi 13/2014 du 7 janvier 2015. Selon ce cadre réglementaire, l’organisation de l’Assemblée générale élective pour le Bâtonnier et le Conseil de l’Ordre des avocats doit être effectuée dans un délai d’un mois.

L’urgence de cette initiative est dictée par l’impasse actuelle qui entrave le fonctionnement normal de l’Ordre des avocats, due en partie à l’absence de deux des trois organes et institutions clés qui encadrent cette institution suite à la décision du Conseil d’État. La seule structure restante est l’Assemblée générale. Le Garde des Sceaux a donc plaidé pour la convocation de l’Assemblée générale élective, étant le troisième organe indispensable pour le rétablissement de l’ordre fonctionnel.

Face à cette situation exceptionnelle, plusieurs alternatives s’offrent aux avocats gabonais. Parmi elles, la possibilité de solliciter la Cour Constitutionnelle pour la désignation d’un Bâtonnier intérimaire chargé de superviser les élections, ou de confier cette tâche au bureau sortant tout en convoquant une Assemblée générale élective.

La démarche préconisée par le Ministre de la Justice, au-delà de sa conformité avec les dispositions légales, témoigne également de la neutralité du gouvernement de Transition dans cette affaire. Elle vise à inciter les avocats à prendre leurs responsabilités afin de surmonter la crise en cours et rétablir l’intégrité et la fonctionnalité de leur institution. Ce geste est non seulement une illustration de l’engagement du gouvernement à préserver l’ordre juridique, mais aussi un appel à l’action pour les avocats du Gabon à œuvrer collectivement pour la résolution de cette impasse.

Gabon : Désignation « inattendue » d’un Premier ministre – Quand la pratique bouscule le cadre constitutionnel

Riag Avocat Ndong Sima

Le Gabon a connu récemment une annonce politique majeure avec la nomination de Monsieur Ndong Sima au poste de Premier ministre par le Président de la Transition. Ce choix, bien que surprenant, révèle des complexités juridiques et politiques qui méritent une analyse approfondie, en particulier en ce qui concerne le cadre constitutionnel actuel.

La Charte constitutionnelle de la Transition du Gabon qui a été promulguée le 2 septembre 2023, notamment dans son chapitre III relatif au gouvernement de transition, détaille dans ses articles 44 et 45 les modalités de nomination des membres du gouvernement. Ils sont choisis et placés sous l’autorité du Président de la Transition. Cependant, un détail majeur fait défaut : l’absence d’une mention spécifique concernant la désignation d’un Premier ministre.

Cette omission ouvre la porte à plusieurs interprétations:

  1. Lacune constitutionnelle ou liberté présidentielle?
    L’absence de mention explicite d’un Premier ministre pourrait être interprétée comme une latitude offerte au Président, lui permettant de prendre des initiatives jugées nécessaires pour la gestion du pays.
  2. Création d’un précédent :
    La désignation, si elle est acceptée sans contestation, pourrait établir un précédent. Cela signifierait qu’en l’absence de directives claires, le Président dispose d’une certaine marge de manœuvre.
  3. Risques de contestations :
    Il est inévitable que certains acteurs politiques, juristes ou citoyens perçoivent cette nomination comme non conforme au cadre juridique qui est imposé par la Charte constitutionnelle de la Transition du Gabon qui a été promulguée le 2 septembre 2023. Cela pourrait déclencher un débat national sur la légitimité de cette désignation.
  4. Réflexion sur le cadre juridique actuel :
    Cet événement pourrait stimuler un intérêt renouvelé pour la révision ou la clarification de la Charte constitutionnelle de la Transition du Gabon qui a été promulguée le 2 septembre 2023, évitant ainsi d’éventuelles ambiguïtés futures. A ce niveau, il convient de faire remarquer que cette Charte a été rédigée avec une extrême célérité. Dans ces conditions, il est pas étonnant que l’on constate des imprecisions ou des omissions dans ladite Charte.

Au-delà des débats juridiques, la décision de nommer un Premier ministre peut également être vue comme une nécessité pratique. Dans le contexte actuel du Gabon, partager la charge de la gouvernance pourrait être perçu comme un moyen de stabiliser davantage le pays pendant la période de transition.

En conclusion, la nomination de Monsieur Ndong Sima en tant que Premier ministre, bien qu’apparemment en désaccord avec le cadre constitutionnel imposé par la Charte constitutionnelle de la Transition du Gabon promulguée le 2 septembre 2023, souligne l’interaction complexe entre les textes de loi et la réalité politique. Seul l’avenir dira si cette décision renforcera la stabilité politique du Gabon ou si elle déclenchera des débats constitutionnels plus larges.

Maitre Jean Marc ESSONO NGUEMA
avocat à la cour
Docteur en droit public

Justice gabonaise : Adoption du Statut des magistrats, vers une indépendance renforcée?

Le Gabon vient de marquer une avancée majeure dans la réforme de son système judiciaire. L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, le jeudi 29 juin 2023, le projet de loi portant Statut des magistrats. Cette nouvelle mesure représente une première victoire pour les fonctionnaires de la justice gabonaise, qui espèrent voir le processus aller jusqu’à son terme.

Le projet de loi a été adopté lors d’une session plénière présidée par Faustin Boukoubi. La tension entre le gouvernement et les magistrats, qui avait atteint un stade critique en décembre, s’est considérablement apaisée avec cette avancée législative. Le gouvernement semble montrer une volonté de répondre favorablement aux demandes des magistrats, qui jouent un rôle clé dans la vie de la nation.

Le Statut des magistrats propose une série d’améliorations, notamment des émoluments revalorisés, des avantages sociaux accrus, et de meilleures conditions de sécurité pour les magistrats. Ce cadre réglementaire renouvelé vise à garantir l’indépendance de ces agents au service des cours et tribunaux du Gabon.

La rémunération des magistrats sera désormais composée du solde de base, calculé en fonction de l’indice de chaque magistrat, et d’accessoires de solde. De plus, divers avantages seront ajoutés, comme le costume d’audience, la valise judicature, l’indemnisation du logement, l’octroi de passeport diplomatique et de service, l’autorisation de port d’arme de poing, la gratuité totale des soins dans les établissements sanitaires de l’État, la prise en charge des évacuations sanitaires et des frais funéraires du magistrat en activité et de ses ayants droit.

Le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG), qui a initié une grève générale en réponse à l’insatisfaction des conditions de travail des magistrats, a exprimé son soutien à cette nouvelle loi. Cependant, le SYNAMAG reste vigilant et espère que le Secrétariat général du Gouvernement ne videra pas cette loi de sa substance.

Ainsi, l’adoption du Statut des magistrats est une avancée significative vers l’amélioration des conditions de travail des magistrats gabonais, ce qui pourrait favoriser une meilleure efficacité de la justice et une lutte plus efficace contre la corruption. Cette réforme pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour la justice gabonaise, caractérisée par une indépendance et une intégrité renforcées.

Consultations juridiques gratuites : un service de qualité offert par l’ambassade du Gabon en partenariat avec le RIAG

Dans le cadre de son engagement envers la communauté gabonaise de France, l’Ambassade du Gabon met en place un programme de consultations juridiques gratuites, en partenariat avec le Réseau International des Avocats Gabonais (RIAG). Découvrez comment cette initiative offre un accès privilégié à des conseils juridiques de qualité et aide les individus à mieux comprendre leurs droits.

Une initiative porteuse d’espoir:

Les consultations juridiques gratuites organisées par l’Ambassade en collaboration avec le RIAG représentent une étape importante dans la promotion de l’accès à la justice et à l’information juridique. Cette initiative vise à aider les individus qui sont confrontés à des problèmes juridiques, en leur offrant la possibilité de consulter des avocats compétents et expérimentés, sans frais.

Comment ça fonctionne:

Les consultations juridiques gratuites sont ouvertes à tous les Gabonais qui en font la demande. Les intéressés peuvent se manifester auprès de l’Ambassade du Gabon en France pour bénéficier d’une consultation personnalisée avec un avocat du RIAG. Ces avocats, spécialisés dans divers domaines du droit, sont soigneusement sélectionnés pour garantir des conseils juridiques pertinents et adaptés à chaque situation.

Les avantages de ces consultations:

L’un des principaux avantages des consultations juridiques gratuites est qu’elles offrent aux individus la possibilité de clarifier leurs questions juridiques et d’obtenir des informations précises sur leurs droits et obligations. Cela leur permet de prendre des décisions éclairées et de mieux faire face à leurs problèmes juridiques. De plus, ces consultations sont confidentielles, ce qui permet aux personnes de discuter ouvertement de leurs problèmes juridiques en toute sérénité. Les avocats du RIAG s’engagent à fournir des conseils objectifs et impartiaux, en veillant à ce que les droits et les intérêts des individus soient respectés.

Une collaboration fructueuse:

La collaboration entre l’Ambassade du Gabon et le RIAG pour la réalisation de ces consultations juridiques gratuites est un exemple concret de l’engagement communautaire et de la solidarité envers les concitoyens gabonais. Elle permet de mettre en valeur l’expertise juridique des avocats du RIAG et de renforcer les liens entre l’ambassade et la communauté.

Conclusion:

Les consultations juridiques gratuites organisées par l’Ambassade du Gabon en collaboration avec le RIAG ouvrent de nouvelles perspectives pour la communauté gabonaise en matière d’accès à la justice. Cette initiative offre une opportunité précieuse aux individus de recevoir des conseils juridiques de qualité, contribuant ainsi à renforcer leur confiance et à les aider à faire face à leurs problèmes juridiques. Grâce à cette collaboration fructueuse, l’Ambassade du Gabon et le RIAG démontrent leur engagement envers la communauté et leur volonté de promouvoir l’accès à la justice pour tous.

La situation des magistrats au Gabon : Un appel à l’amélioration des conditions de travail et de vie

La grève illimitée des magistrats au Gabon a mis en lumière les revendications persistantes de cette profession quant à l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie. Alors que le gouvernement est accusé de rester sourd à leurs demandes, les magistrats ont appelé le président Ali Bongo à intervenir. Toutefois, le gouvernement affirme que les exigences financières du projet de statut des magistrats ne peuvent être satisfaites compte tenu de la situation économique du pays. Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le président du syndicat des magistrats a plaidé en faveur de l’adoption consensuelle d’un nouveau statut pour rétablir la paix au sein du système judiciaire gabonais.

La grève des magistrats et leurs revendications

Depuis le 15 décembre dernier, le syndicat des magistrats gabonais (Synamag) a lancé un mouvement de grève illimité pour protester contre les conditions précaires dans lesquelles ils exercent leur profession. Les magistrats ont formulé cinq revendications majeures, notamment l’adoption d’un statut des magistrats, l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, le financement des costumes d’audience et des véhicules de fonction, ainsi que la construction de sièges pour les hautes cours et tribunaux afin de désengorger le palais de justice de Libreville.

Selon Germain Ella Nguema, président du syndicat, cette grève témoigne d’un ras-le-bol face à la déliquescence du système judiciaire gabonais. Les magistrats estiment que la promotion de l’affaiblissement de la justice menace les droits des citoyens et renforce la loi des plus forts et des plus nantis. Ils déplorent également le blocage du projet de loi sur le statut des magistrats au secrétariat général du gouvernement.

La situation financière du gouvernement:

Rodrigue Mboumba Bissawou, ministre gabonais de la Communication, a souligné que les finances publiques du pays ne permettent pas de répondre à toutes les exigences financières du projet de statut des magistrats. Selon lui, la masse salariale actuelle des magistrats s’élève à 14 milliards de francs CFA par an. Satisfaire toutes les demandes du projet de loi entraînerait une augmentation de 24 milliards de francs CFA, portant la masse salariale totale à 38 milliards de francs CFA par an.

Le gouvernement appelle à la poursuite des négociations et à des concessions de la part du syndicat des magistrats pour parvenir à un compromis qui tienne compte de la réalité financière du pays.

L’appel des magistrats à l’Assemblée nationale:

Lors d’une audition devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Germain Nguema Ella, président du Synamag, a plaidé pour l’adoption consensuelle du nouveau statut des magistrats. Il a fait appel au sens patriotique des députés et les a exhortés à agir rapidement pour rétablir la paix au sein du système judiciaire gabonais. Il a souligné que les magistrats jouent un rôle essentiel dans la préservation de l’État de droit et dans la protection des droits des citoyens, et qu’il est donc crucial de leur accorder des conditions de travail et de vie décentes.

Le président du syndicat a également mis en avant l’importance d’un système judiciaire indépendant et impartial pour assurer la confiance des citoyens dans le système de justice. Il a souligné que des conditions de travail inadéquates, telles que des locaux vétustes et surpeuplés, un manque d’équipement et des salaires insuffisants, ont un impact négatif sur la qualité des décisions judiciaires et sapent la confiance du public.

En réponse à ces préoccupations, certains députés ont exprimé leur soutien aux magistrats et se sont engagés à faire pression sur le gouvernement pour répondre à leurs revendications légitimes. Ils ont souligné l’importance de renforcer le pouvoir judiciaire et de garantir son indépendance pour préserver l’État de droit au Gabon.

Néanmoins, d’autres députés ont souligné les contraintes financières du pays et ont appelé à un dialogue constructif entre le gouvernement et le syndicat des magistrats pour parvenir à un compromis viable. Ils ont souligné l’importance de trouver des solutions durables qui tiennent compte de la réalité économique du pays, tout en garantissant des conditions de travail et de vie dignes pour les magistrats.

En conclusion…

La situation des magistrats au Gabon soulève des préoccupations légitimes concernant leurs conditions de travail et de vie. La grève illimitée des magistrats met en évidence leur volonté de voir leurs revendications prises en compte par le gouvernement. Alors que les magistrats appellent à l’adoption d’un nouveau statut et à l’amélioration de leurs conditions de travail, le gouvernement souligne les contraintes financières du pays.

Il est crucial que toutes les parties concernées engagent un dialogue constructif pour trouver un compromis qui réponde aux préoccupations des magistrats tout en tenant compte de la situation économique du pays. Il est également essentiel de reconnaître l’importance d’un système judiciaire indépendant et impartial pour garantir l’État de droit et la confiance des citoyens.

En fin de compte, l’amélioration des conditions des magistrats au Gabon contribuera à renforcer la justice et à préserver les droits des citoyens, ce qui est essentiel pour le développement et la stabilité du pays.

.

Crise au Barreau du Gabon : Qui doit constater la vacance du bâtonnier ? Des avocats en désaccord!

Au Gabon, une crise secoue l’ordre des avocats depuis un mois, suite à l’annulation par le Conseil d’État de l’élection de Maître Raymond Obame Sima en tant que bâtonnier. Cette situation a engendré des désaccords parmi les avocats sur la marche à suivre pour résoudre cette crise. Certains affirment que la loi donne au ministère de la Justice le pouvoir d’intervenir, tandis que d’autres soulignent un vide juridique en cas de vacance. Voyons de plus près les explications.

Un blocage à l’ordre des avocats au Gabon suite à l’annulation de l’élection du bâtonnier

Il y a un mois au Gabon, le Conseil d’État a annulé l’élection du bâtonnier et du bureau de l’ordre des avocats. Depuis lors, il n’y a plus de représentant des avocats pour régler, par exemple, les conflits internes au sein de la profession. Le barreau est ainsi confronté à une situation de blocage.

Divergence d’opinions parmi les avocats gabonais sur la constatation de la vacance du poste de bâtonnier

Les avocats sont divisés quant aux raisons de cette situation et chacun exprime son opinion sur la personne responsable de constater cette vacance.

Certains avocats, tels que Maître Anges Kevin Nzigou, affirment de manière catégorique que c’est au ministre de la Justice de constater le poste vacant de bâtonnier. Selon lui : « La loi prévoit que le ministre de la Justice constate la vacance parce que la loi lui permet. Elle invite le bâtonnier sortant à organiser les élections dans le mois qui suit le conseil de la vacance. » Plusieurs avocats partagent cet avis.

Cependant, d’autres voix s’élèvent, notamment celle de Maître Gisèle Eyué Bekalé, soutenue par certains de ses collègues. Elle souligne : « La question de la vacance n’est pas définie par l’article 106 de notre loi. Nous sommes confrontés à un vide juridique qu’il convient de combler. Dans l’état actuel des choses, personne ne peut constater la vacance du poste de bâtonnier. Pour sortir de cette crise, il est nécessaire de saisir la Cour constitutionnelle pour une interprétation. »

La situation demeure donc complexe et nécessite une résolution rapide afin de rétablir le bon fonctionnement de l’ordre des avocats au Gabon. L’intervention du ministère de la Justice ou une clarification juridique de la Cour constitutionnelle pourraient être des pistes à explorer pour trouver une issue à cette crise.

L’élection annulée, la cacophonie règne et Obame Sima est pris pour cible

La plainte contre Obame Sima : une attaque injustifiée

Après l’annulation récente de l’élection du bâtonnier et des membres du Conseil de l’Ordre des avocats par le Conseil d’État, une nouvelle polémique éclate. Me Jean-Paul Moumbembé, l’un des avocats ayant demandé et obtenu cette annulation, dépose plainte contre l’ex-bâtonnier, Me Raymond Obame Sima, l’accusant d’«usurpation de fonction ou de titre de bâtonnier». Cette plainte semble cependant injustifiée à la lumière des faits.

Obame Sima : victime d’une campagne de dénigrement ?

Plusieurs éléments suggèrent qu’Obame Sima est victime d’une campagne de dénigrement et d’acharnement. En effet, un avocat proche de l’ex-bâtonnier souligne que celui-ci assure simplement les affaires courantes avant l’élection d’un nouveau bâtonnier ou la désignation d’un bâtonnier intérimaire. L’acharnement contre Obame Sima est d’autant plus étonnant que l’élection du 6 janvier 2023 avait été démocratiquement organisée, avant d’être annulée suite aux recours et actions de certains caciques mécontents des résultats.

Un barreau plongé dans le chaos : appel à la responsabilité du ministre de la Justice

L’annulation de l’élection et les attaques contre Obame Sima ont plongé le Barreau du Gabon dans une cacophonie sans nom, avec une Maison des avocats en plein chaos. Pour mettre fin à cette situation, il est essentiel que le ministre de la Justice prenne la responsabilité d’organiser dans les meilleurs délais l’élection du Bâtonnier intérimaire, conformément à la loi. Cette démarche permettrait d’apaiser les tensions et de rétablir l’ordre dans la Maison des avocats, tout en rendant justice à Obame Sima, victime d’acharnement.

Conclusion : un appel à la raison pour sortir de la crise

Face à cette situation préoccupante, il est urgent que les acteurs du Barreau du Gabon retrouvent la raison et cessent de s’acharner contre Obame Sima. Le retour à la démocratie et à la sérénité passe par une élection transparente et rapide du Bâtonnier intérimaire, afin que la Maison des avocats puisse tourner la page et se concentrer sur l’essentiel : la défense des droits et des intérêts de ses membres.